La Gazette Drouot - Les Ventes | Paris et Ile-de-France
Heureux qui, comme Pingret, fit un beau voyage et en rapporta de nonmoins belles oeuvres sur papier.L’itinéraire de cet artiste natif de Saint-Quentin ne semblait pas le destiner à faire de grands voyages.
Et pourtant ! Si, à l’instar de beaucoup de ses condisciples, Édouard Pingret, issu d’une famille fortunée et
formé dans les ateliers de Jacques-Louis David et de Jean-Baptiste Regnault – deux peintres néoclassiques –,
prend le chemin de l’académie de Saint-Luc à Rome, il se rend chaque été dans une région différente afin de décrire les moeurs et
les costumes, de la Suisse, puis de l’Italie ou des Pyrénées. Et ce n’est pas tout puisque, en quête d’exotisme, il traverse
l’Atlantique en 1850 pour aller chercher son inspiration du côté du Mexique.
Il expose à l’Academia de Bellas Artes de Mexico et réalise des portraits de notables locaux – celui du général
Marino Arista contribue à sa célébrité –, des scènes animées illustrant les us et coutumes locaux. C’est cette belle
histoire que racontent ces deux huiles sur papier représentant, l’une, un Portrait d’Indien, peau de tigre, de la
tribu des Séminoles de Floride, et l’autre, un Portrait d’un guerrier noir. Elles
appartiennent à une série aux formats et techniques identiques – également avec inscriptions – dont plusieurs tableaux
sont conservés à la Fondation Banamex à Mexico. Pingret étant rare sur le marché français avec de tels sujets, nul
ne doute que le passage de ces deux oeuvres va y faire grand bruit !
MARDI 17 JUIN, SALLE 4 – HÔTEL DROUOT.
NICOLAS NOUVELET OVV. CABINET
TURQUIN & ASSOCIÉS.
FIGURES D’UN AILLEURS LOINTAIN
Édouard Pingret (1788-1875),
Portrait d’Indien, peau de tigre, de la tribu des Séminoles
de Floride (ci-contre) et Portrait d’un guerrier
noir (détail page de droite), huiles sur papier
marouflé sur carton, 39 x 28,5 cm chacun.
Estimation : 8 000/12 000 € chaque